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Journée de la lenteur 2013Notre culture est actuellement assoiffée de sens, en demande de choses qui nous relient avec le monde et avec les autres, de choses qui soient une vraie nourriture pour l’âme. Le tricot est un moyen de prendre le temps d’apprécier la vie, de trouver ce sens et de créer des liens. ~Bernadette Murphy (Zen et Art du tricot)

Aujourd’hui, c’est la Journée de la lenteur !

Je serai au Parc Lafontaine près de la statue Félix Leclerc (angle Rachel et Calixa-Lavalée) entre 15h et 18h avec le collectif Les Ville-Laines. Vous trouverez ici l’horaire de la journée la plus longue et lente de l’année. Apportez une chaise ou une couverture pour vous asseoir et votre tricot en cours. Des aiguilles et de la laine seront disponibles pour celles et ceux qui veulent apprendre à ralentir.

Carl Honoré

Dans son livre Éloge de la lenteur, Carl Honoré fait l’apologie du tricot comme activité de relaxation par excellence : « Le tricot est par nature une activité lente. On ne peut tricoter plus vite en appuyant sur un bouton ou un cadran numérique. La véritable joie du tricot naît plus du temps que l’on y passe que du résultat final. Des études montrent que la danse rythmée et répétitive des aiguilles peut abaisser le rythme cardiaque et la pression sanguine, en amenant le tricoteur à un état de tranquillité proche de la méditation. » L’auteure de Zen and the Art of Knitting, Bernadette Murphy renchérit : « Ce qu’il y a de mieux, dans le tricot, c’est sa lenteur. Cela prendre tellement de temps que l’on peut apprécier la beauté inhérente à chaque petite tâche menant à la réalisation d’un pull. On sait que l’ouvrage ne sera pas fini le jour même – et sans doute pas avant de longs mois – , ce qui nous permet de faire la paix avec la nature indéterminée de la vie. Tricoter est un apprentissage de la lenteur. »

Dans une société où la compétition, la performance et l’accélération à outrance sont de mises, voire fortement encouragées, ralentir devient un acte de revendication. En pratiquant une activité lente telle que le tricot (surnommé  »le nouveau yoga ») ou le Qigong, nous apprenons à nous reconnecter avec nous-mêmes et à apprécier le moment présent. Une culture de la lenteur permet une approche plus intuitive et organique de la vie. En ralentissant, nous sommes en mesure de propager la paix et de développer une société moins axée sur les résultats et davantage sur l’harmonie des rapports humains.

Où que vous soyez, aujourd’hui, je vous souhaite de passer une douce journée tout en lenteur!

Lenteur

Hier, j’ai célébré la Journée mondiale du tricot avec Les Ville-Laines. Pour l’occasion, nous avons envahi le site de la TOHU!

TOHU

TOHU

TOHUVous trouverez ici le dernier article sur Les Ville-Laines dans le Journal de Villeray intitulé « Le tricot, c’est le fun! »

TOHU
+ de photos sur la page Facebook des Ville-Laines.

Dalle de BétonLe 12 mai 2013, de 13h à 16h, j’anime un atelier de tricot-graffiti gratuit et ouvert à tous en association avec le Repaire des 100 Talents dans le cadre de la Semaine Nationale de la Santé Mentale qui s’intitule La beauté fait du bien à tous! Le collectif Les Ville-Laines sera de la partie! Nous invitons la population à recouvrir les dalles de béton de laine au coin des rues St-Hubert et Rosemont afin d’enjoliver cet espace abandonné. Le Repaire des 100 Talents est situé au 5867 Saint-Hubert. J’en profite pour repartager l’excellent billet de l’ACSM-Montréal sur les bienfaits du tricot:

http://acsmmontreal.qc.ca/2012/12/19/le-tricot-une-activite-qui-favorise-le-mieux-etre-la-creation-de-liens-et-la-solidarite/

Le résultat final… merci et bravo à tous les participant-es!!!

Repaire

+ de photos sur la page Facebook des Ville-Laines.

Pendant des mois, j’ai tricoté du HAIKU, un fil délicat composé de soie et de mohair créé par Alchemy. Cette laine éthique et lumineuse très prisée se tricote dans la lenteur et la douceur absolue. Le résultat est une installation éthérique qui fait partie de l’exposition Les cinq éléments présentée dans le cadre d’En Avril au Centre des textiles contemporains de Montréal jusqu’au 8 mai 2013. Le vernissage se tiendra le 3 avril. Il s’agit de ma première installation textile avec le collectif Les Ville-Laines et notre toute première incursion en galerie pour laquelle nous incarnons chacune un élément : l’air, le feu, l’eau, la terre et… l’éther.

Je suis le cinquième élément!

Éther

Ça fait longtemps que je veux écrire sur Maille À Part, ce collectif de tricot-graffiti basé à Montréal composé en grande partie de femmes. MÀP se définit comme un « collectif féministe radical qui lutte contre le patriarcat sous diverses formes. » Très actives sur la scène locale, elles ont largement contribué au Printemps Érable ainsi qu’à d’autres luttes et mouvements dont Occupons Montréal, la Journée internationale des Femmes et le Jour de la Terre.

Je les croise à l’occasion grâce – entre autre – à mon implication dans le collectif Les Ville-Laines mais également sur les médias sociaux où nous sommes toutes très actives en tant que tricoteuses-activistes.

Il m’arrive parfois de me faire demander s’il y a de la rivalité dans la communauté du tricot-graffiti, composée majoritairement de femmes. Comme je m’évertue à répondre : « C’est du tricot, pas de l’arsenal nucléaire ! » Entre d’autres mots, non, il n’y a pas de compétition. Nous sommes solidaires, uni-e-s vers un but commun; celui de créer un monde meilleur, horizontal et inclusif.

La semaine dernière, j’ai eu la chance de participer à une de leur action guérilla. Tôt le matin, j’ai rejoint MÀP au métro Sherbrooke pour aller accrocher de la laine, sur des poteaux, au coin des rues Saint-Denis et Des Pins. L’installation fût conçue dans le cadre des Journées pour l’affichage féministe dans l’espace public.

Comment le dit si bien Beth Ann Pentney dans son essai Feminism, Activism, and Knitting, si les féministes de la deuxième vague (années 60-70) sont reconnues pour avoir délaissé le tricot, les féministes de la troisième vague, qui ont pris le relais depuis, n’hésitent pas à renverser les stéréotypes en changeant de paradigme. En utilisant l’artisanat au service de la justice sociale, de l’égalité et de la paix universelle, elles se réapproprient un médium qui les confinaient à la domesticité et à l’espace privé jusqu’à tout récemment, et cela dans le but de faire évoluer les consciences.

Dans le contexte de l’art urbain encore fortement dominé par la gente masculine, le geste politique de Maille À Part d’investir l’espace public grâce au tricot-graffiti, en écrivant le mot « Insoumises » très lisiblement sur le mobilier urbain, est loin d’être anodin. En plus d’être provocateur et revendicateur, il pointe vers une issue hors du patriarcat et du capitalisme sauvage, deux institutions qui creusent le fossé des inégalités, encouragent la compétition effrénée entre les individus et favorisent l’exploitation sans trêve de notre planète, pour ne nommer que quelques-uns des effets pervers connus. L’insoumission, qui caractérise le rebelle mais aussi le déserteur, est donc un refus, un acte de résistance nécessaire devant le non-sens et la mauvaise gestion de notre société.

Pour moi, les chaînes qui relient les onze poteaux dans l’installation de MÀP symbolisent, à la fois, ces liens – de solidarité – qui unissent les femmes pour la justice et l’égalité à l’échelle planétaire mais aussi leur sujétion au diktat du patriarcat, dont les préjugés et autres a priori se perpétuent malgré tout aujourd’hui, à des niveaux plus ou moins conscients. Tandis que la vieille station d’essence abandonnée fait figure de relique de ce système social d’oppression qui, au-delà de la condition des femmes, représentent toutes formes de dominations existantes.

J’y vois aussi une corrélation avec l’allégorie de la caverne selon laquelle Platon établi la difficulté de s’affranchir des autres pour accéder à la connaissance, dont une des conditions nécessaires étant une quête personnelle à des fins humanistes. Les poteaux recouverts de couleurs pastelles avec les grosses lettres accrochées, tel un sourire, devant la caverne en ruine, semble inviter le passant à sortir de sa léthargie; à s’ouvrir les yeux pour accéder à la réalité. Un monde meilleur est possible – et déjà en cours – il suffit de se libérer de ses chaînes et de se solidariser. Le vrai changement provient de l’individu qui a conquis sa propre liberté et rejoint les siens hors de la caverne. Fait improbable dans une culture monolithique qui sait si bien imposer son contrôle, mais tout à fait réalisable en mettant de l’avant la créativité humaine. Seule avenue possible pouvant mener au dépassement du paradigme périmé qui résiste à l’avancement de l’humanité – tel un épouvantail préhistorique – en s’opposant à toutes formes de dissension dans le but de conserver son hégémonie.

Au-delà de cette métaphore, le féminisme se définit donc comme un « acte de création » collectif. Un refus global de l’autorité, un appel à la libération, manifeste entre autre par des médiations politico-artistiques telles que le tricot-graffiti. Point besoin de lutter, il suffit d’entrer dans l’Ère Utopique où les initiatives originales et ludiques, menant à une plus grande équité et allant dans le sens du bien-être collectif, sont mis de l’avant. Comme quoi le tricot et le féminisme vont bien ensemble.

Bienvenu-es dans le Nouveau Monde!

MAP
L’installation « Insoumises » du collectif Maille À Part.

Parmi les choses dont la sagesse se munit en vue de la félicité de la vie tout entière, de beaucoup la plus importante est la possession de l’amitié. ~Épicure

Samedi dernier, j’ai passé une très belle journée au Marathon d’écriture d’Amnistie internationale, et cela malgré la fatigue accumulée des derniers mois, grâce à la présence d’un réseau élargi de tricoteuses militantes et de mes vilaines amies Karine, Anne et Marilène (Mimi étant retenue au Smart Design Mart). Certaines se sont afférées à tricoter une cagoule pour les Pussy Riot en guise de soutien à ces prisonnières politiques. Tandis que d’autres, dont des bénévoles d’AI, ont fait des bouts tricotés pour le « foulard de l’amitié » qui allait ensuite être installé devant la Maison du développement durable. Une fois assemblé, le tricot-graffiti faisait plus de 6 pieds de haut par 10 pouces de large! Vers six heures, à la nuit tombée, j’ai bravé le froid avec Tricot Pirate pour installer le tag qui, espérons-le, servira à réchauffer l’arbre et nos cœurs, cet hiver.

Amnistie_Arbre

Confectionné à partir d’efforts collectifs, cet « arbre de l’amitié » comme on l’a surnommé, représente bien ce qu’Hannah Arendt, la philosophe allemande, estime être ce « penchant à voir l’amitié comme un sentiment intime et exclusif [qui] reflète l’aliénation du monde moderne; l’amitié serait en fait synonyme de la philanthropia grecque, soit l’inclinaison au vivre-ensemble. » –Wikipédia

L’amitié et la solidarité sont des valeurs très présentes au sein de la communauté des tricoteuses et des tricot-pirates, ces âmes rebelles et libres qui désirent instaurer un monde utopique, où la chaleur humaine et la douceur prévaudraient, en recouvrant la ville de laine.

Personnellement, l’amitié est très importante au sein de ma pratique artistique et militante. Celle, par exemple, développée au cours de la dernière année, avec les membres du collectif Les Ville-Laines dont je fais partie, m’est très chère et n’a pas de prix. Encore une fois, Arendt parle de l’amitié comme voie vers l’universel en ces termes : « Avec le dialogue se manifeste l’importance politique de l’amitié, et de son humanité propre. Le dialogue (…), si imprégné qu’il puisse être du plaisir pris à la présence de l’ami, se soucie du monde commun, qui reste inhumain en un sens très littéral, tant que des hommes n’en débattent pas constamment. Car le monde n’est pas humain pour avoir été fait par des hommes, et il ne devient pas humain parce que la voix humaine y résonne, mais seulement lorsqu’il est devenu objet de dialogue. » — Hannah Arendt, Vies politiques

L’œuvre collective « L’arbre de l’amitié » sur la rue Sainte-Catherine, suite au Marathon d’écriture d’Amnistie internationale, le 8 décembre 2012. Vidéo réalisée par EQCQ.

Tricot pour la paix est sur Vimeo ! Pour l’occasion, j’ai ajouté la vidéo intitulée « Tricot Riot » réalisée par EQCQ.

Voir la note précédante pour plus de détails sur l’évènement.

Tricot pour la paix organise une activité de tricot avec Amnistie internationale dans le cadre de leur « marathon d’écriture » pour les victimes de violations de droits humains.

Il s’agit de tricoter une cagoule et l’offrir aux membres des Pussy Riot qui sont emprisonnés, en Russie, pour avoir protesté contre la réélection de Vladimir Poutine, en février dernier. L’évènement se tiendra à la Maison du développement durable, situé au 50 Saint-Catherine Ouest à Montréal, samedi, le 8 décembre, 11h à 18h. Les cagoules seront ensuite offertes à Mariya Alyokhina et Nadezhda Tolokonnikova, en guise de soutien. Pour participer ou en savoir plus, svp écrire à tricotpourlapaix@gmail.com ou visiter « Tricotez une cagoule pour les Pussy Riot ».

Le collectif Les Ville-Laines sera également de la partie!

Pour celles et ceux qui ne veulent pas s’engager dans la confection d’une cagoule, il sera possible de participer en contribuant quelques mailles à un foulard « collectif » de l’amitié, le jour de l’évènement. Ou venez tout simplement faire un tour pour nous encourager ou écrire un vœu !

Pour plus de renseignements sur « Écrire ça libère : marathon d’écriture édition 2012 » d’Amnistie internationale Canada francophone, visitez leur site ou évènement Facebook. L’objectif est de redonner espoir à celles et ceux dont les droits sont bafoués en leur envoyant des messages d’encouragements.

Merci de soutenir l’avancement des droits humains!

~

L’évènement « Tricotez une cagoule pour les Pussy Riot » a été mentionné sur la première chaîne de Radio-Canada : Le tricot est tendance !

Pussy Riot

Pussy RiotLe blog des Ville-Laines relatant l’évènement se trouve ici.

Vous trouverez ici un excellent résumé des actions entreprises par la communauté du yarn bombing pour les Pussy Riot en 2012 à Montréal.

J’ai rencontré Tricot Pirate tout à fait par hasard, sur Twitter, quelques jours avant la 1ère Journée International du tricot-graffiti en juin 2011. Je me suis présentée au Carré St-Louis, le 11 juin, question de faire connaissance et tricoter quelques mailles avec sa gang de tricoteuses terroristes, Les Ville-Laines. À cette époque, je tricotais depuis à peine six mois mais j’ai pu terminer un rectangle mauve que j’ai accroché au bas d’un lampadaire, question de vivre mon premier frisson de tricot-pirateuse. La piqûre du tricot-graffiti a fait son effet mais j’étais loin de me douter que j’allais éventuellement être recruté dans leur rang et devenir le 5e élément de ce collectif ludique et rebelle!

Le tricot-graffiti, c’est en essence l’art d’embellir l’espace urbain avec de la laine. Loin d’endommager le mobilier urbain, le yarnbombing est souvent toléré par les municipalités et très apprécié par les citoyens. Au de-là de faire sourire les passants, il s’agit aussi d’utiliser la douceur du tricot pour attirer l’attention sur des enjeux sociaux.

En novembre 2011, quelques mois plus tard, j’ai répondu à un appel à contribution des Ville-Laines pour le projet HOME SWEET HOME, qui consistait à recouvrir de laine les colonnes du Carré Viger pour la cause des sans-abris.

©2011 Eli Larin

À cette occasion, j’ai pu fraterniser et voir Pixie Knit, Mimi Traillette et Dinette en action! J’ai posé un tag en point Rivière sur lequel j’avais inscrit à la chainette les mots Tricot = Paix. À l’époque, je militais pour la paix sociale dans le contexte des mouvements Occupons qui, inspiré par le campement de Zuccotti Park, avaient envahi les places publiques un peu partout, cet automne-là, dont celui installé durant quelques semaines à la Place du Peuple (le Square Victoria) à Montréal. Mon désir de participer aux changements sociaux de cette vague progressiste, à l’échelle mondiale, m’a amené à mettre ma passion pour le tricot à contribution.

En s’éloignant du Carré Viger, cet après-midi là, sous un ciel pluvieux et par un temps froid, Tricot Pirate m’a lancé à la blague On t’adopte! Et voilà, il n’en fallait pas plus pour faire de moi une Ville-Laine et… me réchauffer le coeur!

Quelques semaines plus tard, Karine et Marilène (aka Tricot Pirate & Pixie Knit) sont venues tricoter avec moi à l’Hôtel de Ville de Montréal. Les femmes du mouvement Occupons s’étaient réunies ce soir-là pour poser des questions au conseil municipal. À la fin de la soirée, nous avons réuni nos trois bouts pour  »tagger » une rampe d’accès devant l’Hôtel de Ville. Ce moment résonne encore en moi; il me parle de la force du collectif et, par extension, du tricot-graffiti qui a pour principe fondamental la liberté d’action en lien avec la communauté.*

*Extrait du manifeste du collectif Les Ville-Laines, Juillet 2012.

Comme quoi le tricot-graffiti, c’est rassembleur et ça tisse des liens… littéralement!

Pour suivre Les Ville-Laines dans leurs (més)aventures:
http://ville-laines.blogspot.ca/

Vidéo réalisée par EQCQ lors de la 2e Journée Internationale du Tricot-Graffiti, 9 juin 2012.

C’est à Occupons Montréal que j’ai eu l’idée de Tricot pour la paix.

J’ai fréquenté le camp dès sa deuxième journée, le 16 octobre 2011, et j’ai immédiatement été conquise par l’énergie et la volonté de changements. Ne pouvant dormir sur place, j’ai aidé les militants comme j’ai pu. D’abord, avec la circulation de l’information sur les réseaux sociaux en créant la page Aidons Occupons Montréal à Passer l’Hiver sur Facebook. J’ai assisté également à des AG, participé au comité des habitations hivernales et aidé à trouver des matériaux pour assurer la survie du camp.

À l’époque, j’apprenais à tricoter depuis moins d’un an. Comme j’en tirais des bénéfices immenses – le tricot m’aidant à gérer le stress dû à un travail exigeant –  j’ai voulu en faire profiter les autres. À l’origine, il s’agissait de donner des ateliers aux activistes pour leur apprendre à faire des foulards, des tuques et des mitaines. D’une part, pour les préparer au temps froid qui approchait, mais surtout, ça leur permettraient de relaxer un peu car vivre à la Place du Peuple au quotidien, dans un état précaire, avec beaucoup d’incertitudes et des pressions constantes de la Ville et de la police, s’avérait très stressant. Beaucoup d’hommes ont manifesté leur intérêt et enthousiasme à l’idée d’apprendre à tricoter. Il ne m’en fallait pas plus pour mettre en branle le projet! Pour se faire, j’ai approché Effiloché, une boutique de laine sur la rue St-Hubert à Montréal, ainsi que des tricoteuses militantes, dont Capitaine Crochet qui sera par la suite très impliquée dans la grève étudiante avec la formation du collectif  Maille À Part. C’est aussi au même moment que j’ai été adopté par Les Ville-Laines pour ainsi amorcer avec elles une année haute en couleur, remplie de douces collaborations. Je reparlerai de ces deux collectifs dans d’autres blogs sous peu.

Les ateliers Tricot pour la paix n’ont jamais eu lieu à Occupons Montréal. La police a démantelé le camp bien avant qu’on puisse débuter l’initiative mais l’idée de donner des ateliers de tricot, avec un objectif à la fois social et thérapeutique, a perduré. Durant les mois qui suivirent, j’ai donné des initiations dans des cafés de la Petite-Patrie pour des activistes mais également pour des personnes souffrant de troubles d’anxiété et des mères monoparentales. J’ai aussi organisé des  »Tricothons » pour la cause des sans-abris en collaboration avec l’organisme humanitaire Médecins aux pieds nus, dont un avec les sœurs du Relais Sagesse.

Le mois prochain, cela fera un an qu’Occupons Montréal a quitté la Place du Peuple. Où en sommes-nous? Quel chemin avons-nous parcouru? Qu’en est-il devenu de la flamme révolutionnaire qui nous a animés brièvement mais avec autant de passion? Et qui nous a permis de rêver à un monde meilleur. On pourrait parler de l’apport du mouvement au printemps érable, par exemple. Les militants d’Occupons ont par ailleurs collaboré avec les artistes, le 22 avril, dans le cadre du grand Rassemblement pour le bien commun, soit le Jour de la terre, qui a rassemblé plus de 300,000 personnes dans les rues de Montréal. Dans mon quartier, la Petite-Patrie, Occupons le Cœur de l’Île a été très actif dans la communauté. Ils ont récemment organisé, entre autre, le débat politique entre les six candidats de la circonscription de Gouin durant les élections provinciales de 2012, le comté dans lequel Françoise David de Québec Solidaire a battu le député-vedette du Parti Québécois, Nicolas Girard. Il y a aussi, bien entendu, tous les autres mouvements Occupons, dont celui du Sud-Ouest, qui continuent des actions citoyennes dans leurs arrondissements respectifs.

Pour ce qui est de Tricot pour la paix, je compte organiser un évènement sur une base mensuelle dans la Petite-Patrie, durant la période automne-hiver qui s’amorcent, afin de favoriser les rencontres et les échanges sur le thème de la paix. Je vous en redonne des nouvelles.

En attendant, bon tricot-activisme!

1er Tricot pour la paix au café Oh la la lors d’Occupons Nos Quartiers en décembre 2011.