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Samedi, le 23 novembre 2013, le collectif Les Ville-Laines a installé un immense tricot-graffiti, tricoté par la collectivité, mesurant près de 39 pieds de long par 9 pieds de haut, sur un pilier de l’échangeur Turcot de la rue Notre-Dame Ouest à Montréal.

Au-delà de l’embellir, l’idée initiale de recouvrir ce vieux monstre de béton qui s’effrite est née de notre découragement face au projet de reconstruction proposé. Au 21e siècle, nous serions en droit de nous attendre à une nouvelle version de l’échangeur beaucoup plus verte, écologique et responsable, qui encouragerait davantage le transport en commun et désengorgerait les voies de circulation de la ville; un projet vraiment novateur empreint d’une vision d’urbanisme, durable et à long terme, qui utiliserait savamment l’argent des contribuables.

Le collectif Les Ville-Laines aidé par la population a voulu témoigner son appui aux habitants de Saint-Henri et a entraîné dans ce projet un peu fou des centaines de personnes touchées, de près ou de loin, par le sort réservé à la communauté de ce quartier populaire de Montréal. Des centaines de bouts tricotés provenant d’un peu partout au Québec – et même d’outremer ! – ont été assemblés pour recouvrir un des piliers de l’échangeur Turcot dans une ultime tentative de lui conférer un peu de chaleur humaine et d’attirer l’attention sur cet enjeu de taille.

Cette installation laineuse a été rendue possible grâce à la collaboration de l’organisme Solidarité St-Henri en soutien au groupe Mobilisation Turcot.

Les_Ville-Laines_Opération_échangeur_TRICOT_8Échangeur TRICOT

Échangeur Tricot+ de photos ici

Le 2e party d’assemblage pour l’Échangeur TRICOT a eu lieu hier à la bibliothèque Père-Ambroise du Centre-sud. Avec Les Ville-Laines et quelques complices, nous avons assemblé un tricot-graffiti de 39 pieds de long en trois heures!  Merci aux participantes pour leur aide précieuse et à la bibliothèque pour leur acceuil! Ce fût un beau moment de partage et d’entraide.

TurcotTurcot

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Aujourdhui, à l’occasion des Journées de la culture, j’ai donné un atelier de tricot-graffiti au Musée d’art de Joliette avec Dinette du collectif Les Ville-Laines. Nous avons recouvert deux arbres, un banc et des stationnements à vélo de laine rouge – grâce entre autre à la participation de l’AFÉAS de Rawdon. Nous nous sommes bien amusées. La belle température nous a permis de profiter pleinement de cette magnifique journée en excellente compagnie. Lisez le reportage dans le Journal l’Action de Joliette pour en savoir plus.

Joliette

JolietteJolietteJolietteJoliette
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Merci à tout-es les participant-es!

Depuis le mois d’août, je vis une belle aventure avec le collectif Les Ville-Laines. Chaque jeudi, nous délaissons nos tricots pour faire de la couture au Centre des Femmes de Verdun. Ce projet de médiation culturelle intitulé « Femmes Phénoménales » s’inscrit dans le cadre du Festival PHENOMENA (18-25 Octobre). Nous réalisons ensemble des bannières en textile inspirées de l’univers de George Mélies qui seront installées dans l’espace public, sur le boulevard Saint-Laurent, dans la section Hors Les MursVisionnez la vidéo ci-dessous réalisée par Maia Iotzova pour découvrir ce projet unique!

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Phenomena

Aujourd’hui, j’ai accroché un tricot-graffiti de dentelles avec Pixie Knit pour célébrer l’ouverture de La Maison Tricotée, la nouvelle boutique de celle qui m’a initié au tricot il y a trois ans, Céline Barbeau aka Céline en Laine et ses complices Caro, Clara, Corentine et Ariane!

Dentelles

DentellesMaison TricotéeNote de blog de Céline ici

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« L’activité des tricoteuses urbaines (adeptes du tricot-graffiti ou du yarnbombing) illustre bien cette résonance incessante. Ces activistes tricotent pour diverses causes, parfois simplement pour réchauffer des endroits mal-aimés de la ville, comme ce fut le cas lorsque les Ville-Laines ont tenté de donner un peu de réconfort à l’Agora du square Viger à Montréal. Installés précipitamment et sans permission, leurs travaux d’aiguille tendent à être rapidement retirés des lieux publics, mais leur vie se poursuit à travers de très nombreux blogues et surtout des groupes Flickr où les images se propagent et se multiplient très vite. Ainsi, en tant ce qui concerne le tricot-graffiti que plus généralement les pratiques artistiques furtives, ce qui, dans l’espace urbain, apparaît comme à peine public – soit par leur brièveté d’apparition, soit par les aspects nécessairement subreptices et confidentiels de certains gestes artistiques –, devient par le Web, beaucoup plus présent, visible, mobile et foisonnant. »

Suzanne Paquet

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CV95 avec mon premier tricot-graffiti avec le collectif Les Ville-Laines au Carré Viger à Montréal en novembre 2011 : Tricot = Paix

Samedi dernier, j’ai participé à la Fête des familles de Saint-Henri au parc Sir-George-Étienne-Cartier organisé par Solidarité Saint-Henri. Nous avons assemblés des carrés tricotés en vue de l’échangeur TRICOT, un projet de tricot-graffiti collectif avec Les Ville-Laines en soutien à Mobilisation Turcot. L’assemblage continue au cours de l’automne.

Saint-Henri

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Festival de la fibre TWIST avec Les Ville-Laines et toutes les autres twistées de la laine ce weekend, 24 et 25 août.

TWIST

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Réponse à l’article de Zola publié sur OFFmural-es.

En tant que Ville-Laines, nous avons beaucoup de plaisir à travailler en collectif et à faire de la rue un terrain de jeu.

Nous apprenons entre autre à composer avec la différence. Même au sein des Ville-Laines, nous ne partageons pas toujours les mêmes points de vue et convictions. Ça nous nourrit. Ce qui nous unit avant tout, c’est l’amour de la fibre et notre désir indélébile de tisser du lien social et de se réapproprier l’espace urbain. Au-delà de l’esthétisme, le tricot-graffiti a une vocation: celle d’égayer le quotidien en mettant un peu de couleur et de douceur dans la grisaille urbaine. Sous son apparence d’art naïf, cette approche fait preuve d’une politique horizontale et inclusive.

Notre démarche est ludique. Même dans le choix des mots. Cela dit, ce n’est pas sans questionnement aucun que le mot « terrorisme » a trouvé une place dans notre imaginaire et notre vocabulaire, maintes fois utilisés et remis en question au sein du collectif. Outre le deuxième degré, l’ironie et une bonne dose d’auto-dérision nécessaire, ce terme détourné de son contexte pointe vers un changement de paradigme: un monde où le système de la peur dans lequel nous vivons serait remplacé par celui de la douceur. Lorsqu’il ne restera plus que des terroristes qui posent de la laine, nous aurons réussi notre mission. D’ici là, nous continuerons à contaminer l’espace publique pour utiliser un autre jeu de mot. Dans la même veine, « vandalisme doux » renvoie à des interventions qui n’abîment pas le mobilier urbain. Le mot yarnbombing emploie ce même champ lexical. Cela dit, nous aimons et apprécions toutes formes d’art urbain.

La majorité de nos interventions sont faites de façon guérilla, sans permission. Par contre, nous nous faisons souvent inviter à intervenir dans l’espace publique. Légales ou non, nos actions mettent de l’avant le côté ludique et rassembleur, et non l’acte de désobéissance, afin de faire réfléchir et toucher les gens. Le but étant de rendre cette pratique le plus accessible possible et non l’apanage de quelques-uns. Pas que les autres types d’actions ne soient pas valides ou nécessaires mais ce sont celles qui nous interpellent et celles que nous avons envie de faire. Nous nous sentons libres d’explorer nos lubies et rêvons de lois qui permettraient de mettre de la laine partout!

Au-delà des utopies, de nos idéaux et convictions individuelles, nous tentons de suivre notre instinct, d’œuvrer dans l’ouverture, d’échapper aux dogmes (sous toutes ces formes et coutures) tout en veillant à ne pas se faire récupérer et — surtout — ne pas se prendre trop aux sérieux. Beau programme!

Notre seul et unique but est de recouvrir la ville de laine car nous avons une foi aveugle dans le pouvoir rassembleur de la fibre.

Nous cherchons ainsi à faire augmenter le BNB: le Bonheur national brut.

Nous aimons expérimenter et nous ne nous imposons aucune limite, surtout idéologique, si un projet nous plaît. Notre démarche suit la voie du cœur et de l’inspiration et non de l’intellectualisation. Nous n’avons pas l’arrogance de croire que le tricot-graffiti changera le monde mais nous y croyons suffisamment pour essayer!

Nous avons fait différents types d’interventions depuis notre formation en 2011. Nous sautons souvent à pieds joints dans de nouvelles aventures. Nous apprenons au fur et à mesure ce qui fonctionne ou non pour nous. Nous avons répondu avec enthousiasme à l’appel de nombreux organismes qui voulaient embellir l’espace urbain et retisser le lien social. Nous avons lancé des initiatives pour permettre la réappropriation de l’espace urbain par la population et nous prononcer sur des causes qui nous tiennent à cœur.

Singulier et inhabituel, le projet de la rue St-Denis a commencé, comme c’est souvent le cas, par une rencontre humaine. Le directeur de la SDC, qui est aussi un artiste, un poète, nous a donné carte blanche pour nous exprimer, nous amuser et embellir l’artère commerciale à notre façon. Nous avons accepté un cachet. La rencontre entre ces deux univers distincts, antinomiques, l’art de rue et le commerce, est particulier mais nous avons osé aller au-delà de notre zone de confort. Et le fait que c’était commissionné, n’enlève rien à nos convictions. Nous avions une vitrine pour faire passer un message et nous avons sauté sur l’occasion. En aucun cas, ce type d’intervention nuit aux artistes et aux activistes qui œuvrent dans l’illégalité — au contraire. L’espace publique étant a priori masculin, y ajouter une touche de féminin, même grâce à une commission, est un apport plus que bienvenu dans le paysage urbain. Après tout, c’est de laine dont on parle!

Une fois posés, les tricots ne nous appartiennent plus. La rue se les approprie. Un espace de communications s’ouvre. Nous n’avons été aucunement offusquées de leur envol. Plutôt surprises, surtout curieuses et un peu tristes sur le coup car moins de gens ont pu en profiter: des réactions tout à fait humaines et normales. Nous ne savons pas qui les a retiré. Nous ne pouvons donc pas nous prononcer sur les raisons de leur disparition.

La question de la commercialisation de l’espace public, de la gentrification et du rapport de forces dans une société capitaliste est complexe et nuancée. Le rapport entre l’artiste et le commerce aussi. Il faut rester vigilant mais il faut aussi se préserver de l’extrémisme qui finit toujours par soutenir le système qui le nourrit. Il n’y a pas de positionnement parfait, sans faille (à part les dogmes que nous tentons d’éviter à tout prix).

Savoir respecter la multitude des voies est cruciale même – et surtout – dans l’art urbain. Il y a assez de place sur cette planète pour plusieurs pratiques qui ultimement, vont dans le même sens, même si elles n’utilisent pas toujours les mêmes tactiques. Il y a assez de place pour qu’on puisse TOUTES s’amuser, chacune à notre façon. Nous œuvrons toutes à la réalisation d’un monde plus juste, égalitaire — et plus doux.

La seule radicalisation qui mérite notre attention est celle du cœur.

Tricot pour la paix

Membre du collectif Les Ville-Laines

Hier, j’ai installé avec collectif Les Ville-Laines des tricot graffitis sur les lampadaires de la rue St-Denis entre les rues Roy et Gilford. Ça nous a pris 8 heures à 6 personnes pour accrocher 50 pièces de 5 à 6 pieds de hauteur (diamètres variables entre 13 et 30 pouces). Un merci tout spécial à Pandora et Szandra pour leur aide incommensurable!

Le projet d’art public 50 Lampadaires transfigurés initié par Joël Pourbaix, directeur général de la SDC Pignons Rue St-Denis, ajoute une touche ludique et fait main sur l’artère commerciale. Beaucoup de gens nous ont remercié pour notre geste durant l’installation. L’intention est de mettre de la couleur, de la douceur et de la joie dans la vie des passants. Chaque lampadaire est unique et assemblé avec amour. Bien entendu, je n’ai pas pu m’empêcher de broder le mot PAIX sur un des tricot!

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Les tricots devaient rester trois mois sur les lampadaires mais au bout de trois semaines, ils avaient pratiquement tous disparus. Plus de quarante avaient été enlevés sans qu’on sache par qui, comment ou pourquoi. Lire l’article sur le blogue urbain du Devoir qui pose la question qui brûle toutes les langues : Pourquoi s’opposer au tricot?

St-Denis
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St-Denis_38+ de photos sur la page Facebook et sur le blog du collectif Les Ville-Laines.