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La pierre n’a point d’espoir d’être autre chose qu’une pierre. Mais, de collaborer, elle s’assemble et devient temple. ~Antoine de Saint-Exupéry

Et si collaboration était le mot clé garant de notre futur, voire de notre survie sur terre, comme l’indique le chercheur Yves Morieux ici. En éliminant le trop plein de bureaucratie par exemple, en oeuvrant ensemble pour se passer le bâton comme dans une course à relais, nous réussirons ensemble à changer le cours des choses. Au-delà des grandes organisations, cette métaphore m’interpelle : « Le miracle de la coopération multiplie l’énergie et l’intelligence de l’effort humain. » Nous pouvons faire plus avec moins. En assemblant des bouts tricotés par diverses personnes, le tricot-graffiti exprime cette volonté et cette capacité à créer un résultat qui surpasse la somme de ces parties. Si chacun participait au bien commun grâce à de petits gestes, le monde en serait transformé.

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La haine a causé beaucoup de problèmes dans le monde, mais n’en a pas encore résolu un ~Maya Angelou

C’est la fin de l’année, le temps des résolutions, de la famille, des compilations et des remises en question. Les attentants terroristes à Paris, la crise des réfugiés Syriens, le réchauffement climatique, l’inégalité grandissante qui mènera à la disparition certaine de la classe moyenne, et plus encore. Toute cette violence, que ce soit économique, sociale ou politique, semble incompréhensible et pourtant elle est perpétrée par des êtres humains. Oui des humains – et non des monstres, des démons ou toutes autres caractérisations qui nous empêchent de comprendre, voire de ressentir, la détresse à l’échelle planétaire et ses répercussions.

La haine n’a jamais réglé de problèmes comme l’a dit Maya Angelou. Le philosophe espagnol José Ortega y Gasset va plus loin : « Haïr, c’est tuer virtuellement, détruire en intention, supprimer le droit de vivre. Haïr quelqu’un, c’est ressentir de l’irritation du seul fait de son existence, c’est vouloir sa disparition radicale. »

Selon le Wikipédia, un « Réfugié – au sens de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés – est une personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle a sa résidence habituelle; qui craint avec raison d’être persécutée du fait de sa « race », de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, et qui ne peut ou ne veut se réclamer de la protection de ce pays ou y retourner en raison de ladite crainte. » Un réfugié, c’est un être qui est persécuté, qui vit dans la crainte et cela avant même d’être décrit comme une personne sans toit au-dessus de la tête. Refuser l’entrée dans un pays à un réfugié, c’est le persécuter doublement. Véhiculer la peur face à l’étranger qui fuit son pays en guerre afin de se préserver, c’est entretenir des sentiments d’aversion et de haine.

Chandelle de Noël

La seule arme dont dispose une personne de bonne conscience pour contrer l’ignorance est d’émettre plus de lumière, plus de douceur, plus d’humour – en d’autre mot, plus d’amour.

Interconnectés tels les fils d’un tricot, nous sommes liés – Un – nous sommes donc tous responsables. À nous de changer radicalement notre façon de penser, d’initier un changement de paradigme afin de nous sortir de notre prédicament. Ensemble. Sans laisser qui que ce soit derrière, même nos supposés ennemis, nos agresseurs, car comme nous ils ont leur propre histoire de persécution, d’exclusion et de peur à surmonter. La haine entraine la haine, seule la compassion peut transformer le monde et créer un cercle vertueux. Faire la paix, commence par soi. Faire le choix de l’inclusion radicale passe par l’acceptation de l’autre, la protection de notre planète, sans oublier le respect des animaux et des plantes.

En 2016, je nous souhaite beaucoup de guérison et de créativité, une capacité d’apporter toujours un peu plus de lumière dans notre communauté – à notre façon, à notre portée.

Paix 2016

L’amour que nous recherchons est beaucoup plus que la sensation euphorique des papillons-dans-l’estomac que provoque une nouvelle romance; c’est aussi la consolation ineffable d’être connu dans son for intérieur, accepté et entouré de bons soins. C’est le sentiment profond de paix et de tranquillité d’esprit qui découle d’un rapprochement intime avec un autre être humain. ~Daphne Rose Kingma

En couple ou non, la fête de l’amour est une invitation à créer un climat d’entraide, de communication et de tendresse avec tous ceux qui nous entoure. Joyeuse St-Valentin !

Parc Laurier

Paix

Le pardon est là précisément pour pardonner ce que nulle excuse ne saurait excuser. Il est fait pour les cas désespérés ou incurables.  ~Vladimir Jankélévitch

Le pardon est un thème prédominant en ce début d’année mouvementé. Une semaine après l’attentat meurtrier du 7 janvier 2015, le journal satirique Charlie Hebdo publie à nouveau une caricature du Prophète Mahomet, cette fois avec l’inscription « Tout est pardonné. » Une image improbable. On pardonne tout d’abord pour soi, pour se libérer, pour ne pas sombrer dans la folie, pour dompter l’impardonnable, pour contrer la haine. Pardonner, c’est aller dans le sens de la paix. Comme l’écrit si bien Marianne Williamson dans son livre Un Retour à l’Amour : « Le pardon est pareil à un art martial de la conscience. Dans l’Aïkido et dans d’autres arts martiaux, on esquive la force de l’assaillant plutôt que d’y résister. L’énergie de l’attaque se retourne alors comme un boomerang contre l’assaillant. Notre force consiste à ne pas réagir. Le pardon procède de la même façon. Quand nous contre-attaquons – et la défense est une forme d’attaque – nous prenons l’initiative d’une guerre que personne ne peut gagner. Comme le manque d’amour n’est pas réel, il ne nous affecte pas, ni nous-mêmes ni les autres. Le problème, bien sûr, est que nous pensons qu’il nous affecte. En cherchant un miracle, nous cessons de participer aux batailles de la vie. »

Wool Against WeaponsLe tricot militant est rassembleur. La laine unie. C’est bien connu. Sa plus grande force, sa caractéristique principale, c’est son pouvoir de rallier les gens pour une cause tout en utilisant le médium de la douceur comme message.

Le 9 août dernier à l’occasion du 69e anniversaire du bombardement de Nagasaki, des milliers de personnes ont rejoint le groupe Wool Against Weapons et d’autres organisations anti-armements dans le Berkshire en Angleterre afin de dérouler un foulard de la paix. Le tricot rose qui a pris plus de 18 mois à confectionner et impliqué un nombre considérable d’artisans et des militants de la paix de partout dans le monde s’est étendu sur plus de 12 kilomètres. Cette action de grande envergure, créative et inspirante avait comme objectif de mettre en lumière la folie du nucléaire en reliant l’écharpe de la paix entre Aldermaston et Burghfield, deux installations qui conçoivent et produisent des ogives pour le système d’armes nucléaires de la Grande-Bretagne. Le gouvernement britannique dépense présentement £100 milliards sur la construction d’un nouveau système d’armes nucléaires pour remplacer le missile Trident. Une somme considérable qui pourrait servir à d’autres fins dont l’éducation. En tant que symbole, le foulard rose représente un désir de changement profond, soit la confection d’un monde de paix et d’amour, sans arme et sans frontière. La couleur qui connote le féminin, la douceur et l’enfance détonne avec l’univers macho du militarisme.

La manifestation aura aussi servit à honorer les personnes tuées par les technologies nucléaires inhumaines qui ont fait tant de ravages au Japon lors de la 2e guerre mondiale et dont la prolifération depuis continue à jeter une ombre sur l’avenir de l’humanité et sa qualité de vie. Pendant les mois qui ont précédé l’action, les gens ont tricoté en public afin de susciter des discussions sur cet enjeu de taille. Le tricot permettant d’aborder des sujets complexes et difficiles tout en ayant du plaisir à se rassembler et à échanger a permis à la population de s’unir. Après le rassemblement, l’écharpe a été transformé en couvertures et distribué aux sans-abri, à des soins palliatifs, dans des camps de réfugiés et zones de conflits à l’étranger. Opposer la force de création, d’unicité et d’entraide propre au tricot à la force destructive du nucléaire est à la fois audacieux et apte. Le militantisme laineux, comme cet exemple le démontre bien, est une démonstration de l’énergie positive, constructive et collective qui nous rappelle qu’un monde de paix n’est pas impossible mais en train de s’actualiser.

Wool Against Weapons

Wool against weaponsImages: Wool Against Weapons

Ce qui reste suggère qu’après la lutte, il ne reste plus que les armes en état de ruine. Leurs actions définitives et souvent irréversibles mènent à un état de destruction inimitable et j’ai voulu, par la réalisation de cette oeuvre, permettre une réflexion sur la dimension machinale et souvent anonyme des combats. – Jannick Deslauriers

Jannick Deslauriers, Ce qui resteL’oeuvre de Jannick Deslauriers présentement exposée au Musée du costume et du textile du Québec (MCTQ) jusqu’au 23 février dans le cadre de l’exposition Art textile : entre combat et douceur ne peut laisser indifférent. L’imposant char d’assaut fantomatique confectionné à partir de tulles blanches et de fils noirs fait réfléchir par sa capacité d’évocation. Le contraste entre la légèreté du matériel utilisé et l’objet représenté émeut, fascine et effraie. A la fois spectre et radiographie, cette représentation de la machine de guerre connote ce qui reste justement dans l’imaginaire collectif: une piste de réflexion sur la paix.

Jannick Deslauriers, Ce qui reste

JANNICK DESLAURIERS
Ce qui reste
2011

L’oeuvre de Jannick Deslauriers me fait beaucoup penser à la magnifique installation Pink M.24 Chaffee de Marianne Joergensen.

Pink Tank by Marianne Joergensen

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Faire la paix, c’est désarmer

La guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer.

J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible.
Mais maintenant je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car « l’amour chasse la peur ». Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs mais bons, j’accepte sans regrets. J’ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel est toujours pour moi le meilleur. C’est pourquoi je n’ai plus peur. Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur.

Patriarche Athénagoras
Extrait de : Dialogues avec le patriarche Athénagoras par Olivier Clément

« L’activité des tricoteuses urbaines (adeptes du tricot-graffiti ou du yarnbombing) illustre bien cette résonance incessante. Ces activistes tricotent pour diverses causes, parfois simplement pour réchauffer des endroits mal-aimés de la ville, comme ce fut le cas lorsque les Ville-Laines ont tenté de donner un peu de réconfort à l’Agora du square Viger à Montréal. Installés précipitamment et sans permission, leurs travaux d’aiguille tendent à être rapidement retirés des lieux publics, mais leur vie se poursuit à travers de très nombreux blogues et surtout des groupes Flickr où les images se propagent et se multiplient très vite. Ainsi, en tant ce qui concerne le tricot-graffiti que plus généralement les pratiques artistiques furtives, ce qui, dans l’espace urbain, apparaît comme à peine public – soit par leur brièveté d’apparition, soit par les aspects nécessairement subreptices et confidentiels de certains gestes artistiques –, devient par le Web, beaucoup plus présent, visible, mobile et foisonnant. »

Suzanne Paquet

CV95

CV95 avec mon premier tricot-graffiti avec le collectif Les Ville-Laines au Carré Viger à Montréal en novembre 2011 : Tricot = Paix