Le 2 novembre, j’ai passé un après-midi très agréable dans une église (!!!) en participant à « Imaginons Saint-Marc » un projet de co-design citoyen. Ce processus collectif de réflexions et d’expérimentations vise la réappropriation de l’Église Saint-Marc sur la rue Beaubien Est, entre la 1ère et la 2e avenue, à Montréal. La programmation, du 29 octobre au 2 novembre 2012, offrait une panoplie d’activités artistiques et culturelles permettant aux citoyens du quartier de Rosemont d’imaginer à quoi ce site pourrait ressembler une fois transformé en « lieu inspirant, inclusif et durable. » Les organisateurs s’inspirent entre autre de pratiques d’intelligence collective et d’approches ethnographiques comme La 27e Région en France et Art of Hosting aux États-Unis.

Invité par Colleen Lashuk, l’architecte du projet, à participer aux portes ouvertes, j’ai installé mon attirail dans l’enceinte de l’église et convié les visiteurs à venir tricoter quelques mailles. J’ai rencontré ainsi Hélène Meunier, une artiste peintre, qui œuvre sur le comité vert de Rosemont. Nous avons fait connaissance en tricotant, au son d’un violon, et rapidement découvert quelques affinités dont le cinéma et l’hindouisme. Tricoter dans une église est à la fois relaxant et intimidant, certainement pas une expérience commune.

Avant de quitter ce lieu mystique, j’ai adopté Hannah, un petit singe fabriqué dans un atelier de réadaptation, dont tous les profits sont versés à Exeko, un organisme qui offre de l’éducation aux itinérants.

D’autres organismes tels que Communautique et Compagnons de Montréal sont impliqués dans « Imaginons Saint-Marc » en tant que co-promoteurs ainsi que le RACRPP, un organisme qui réunit les artistes professionnels de l’arrondissement. Les dernières portes ouvertes auront lieu à la fin du mois de novembre dans le but de générer des propositions collaboratives réalisables. N’hésitez pas à vous impliquer et à visiter leur site pour plus de renseignements.

Selon vous, à quoi peut bien ressembler une église convertie en espace citoyen du 21e siècle?

Vous pouvez me suivre sur Twitter : https://twitter.com/claudia_leger

Ce magnifique logo a été créé par EQCQ.

J’ai rencontré Tricot Pirate tout à fait par hasard, sur Twitter, quelques jours avant la 1ère Journée International du tricot-graffiti en juin 2011. Je me suis présentée au Carré St-Louis, le 11 juin, question de faire connaissance et tricoter quelques mailles avec sa gang de tricoteuses terroristes, Les Ville-Laines. À cette époque, je tricotais depuis à peine six mois mais j’ai pu terminer un rectangle mauve que j’ai accroché au bas d’un lampadaire, question de vivre mon premier frisson de tricot-pirateuse. La piqûre du tricot-graffiti a fait son effet mais j’étais loin de me douter que j’allais éventuellement être recruté dans leur rang et devenir le 5e élément de ce collectif ludique et rebelle!

Le tricot-graffiti, c’est en essence l’art d’embellir l’espace urbain avec de la laine. Loin d’endommager le mobilier urbain, le yarnbombing est souvent toléré par les municipalités et très apprécié par les citoyens. Au de-là de faire sourire les passants, il s’agit aussi d’utiliser la douceur du tricot pour attirer l’attention sur des enjeux sociaux.

En novembre 2011, quelques mois plus tard, j’ai répondu à un appel à contribution des Ville-Laines pour le projet HOME SWEET HOME, qui consistait à recouvrir de laine les colonnes du Carré Viger pour la cause des sans-abris.

©2011 Eli Larin

À cette occasion, j’ai pu fraterniser et voir Pixie Knit, Mimi Traillette et Dinette en action! J’ai posé un tag en point Rivière sur lequel j’avais inscrit à la chainette les mots Tricot = Paix. À l’époque, je militais pour la paix sociale dans le contexte des mouvements Occupons qui, inspiré par le campement de Zuccotti Park, avaient envahi les places publiques un peu partout, cet automne-là, dont celui installé durant quelques semaines à la Place du Peuple (le Square Victoria) à Montréal. Mon désir de participer aux changements sociaux de cette vague progressiste, à l’échelle mondiale, m’a amené à mettre ma passion pour le tricot à contribution.

En s’éloignant du Carré Viger, cet après-midi là, sous un ciel pluvieux et par un temps froid, Tricot Pirate m’a lancé à la blague On t’adopte! Et voilà, il n’en fallait pas plus pour faire de moi une Ville-Laine et… me réchauffer le coeur!

Quelques semaines plus tard, Karine et Marilène (aka Tricot Pirate & Pixie Knit) sont venues tricoter avec moi à l’Hôtel de Ville de Montréal. Les femmes du mouvement Occupons s’étaient réunies ce soir-là pour poser des questions au conseil municipal. À la fin de la soirée, nous avons réuni nos trois bouts pour  »tagger » une rampe d’accès devant l’Hôtel de Ville. Ce moment résonne encore en moi; il me parle de la force du collectif et, par extension, du tricot-graffiti qui a pour principe fondamental la liberté d’action en lien avec la communauté.*

*Extrait du manifeste du collectif Les Ville-Laines, Juillet 2012.

Comme quoi le tricot-graffiti, c’est rassembleur et ça tisse des liens… littéralement!

Pour suivre Les Ville-Laines dans leurs (més)aventures:
http://ville-laines.blogspot.ca/

Vidéo réalisée par EQCQ lors de la 2e Journée Internationale du Tricot-Graffiti, 9 juin 2012.

Le premier Stitch ‘n Bitch auquel j’ai participé, c’est celui organisé par Capitaine Crochet à la Galerie Fresh Paint à la fin novembre 2011. Fresh Paint était une galerie temporaire, située dans le bâtiment LA PATRIE au centre-ville de Montréal, qui visait à encourager et promouvoir les pratiques du Street Art dont le du graffiti. Cet espace unique en son genre avait été aménagé pour l’occasion avec des sofas et un service de thé. Beaucoup de tricoteuses – et même des tricoteurs ! – s’étaient rassemblées pour échanger et collaborer à un tricot-graffiti collectif.

J’ai tricoté une partie de l’après-midi en compagnie de Dinette et Tricot Pirate pour faire un petit bout en point Rivière sur lequel j’ai brodé le mot PAIX en chainette et auquel j’ai ajouté de la fausse fourrure.

Une fois assemblés, tous les bouts réunis ont servi à recouvrir les rampes d’escaliers à l’entrée de la galerie. Le résultat est une œuvre collective et anonyme. Toutefois, ce genre d’évènement ne se conclut pas nécessairement par un tricot-graffiti.

À l’origine…

Le terme Stitch ‘n Bitch est une expression dont l’origine remonte à la seconde guerre mondiale. En fait, il s’agit de tricoteuses qui se réunissent occasionnellement dans des espaces publics, comme les bars ou les cafés, pour socialiser et partager des conseils. Selon la tradition, elles apportent leurs projets de tricot et en profitent pour échanger, voir  »chialer » (to bitch), question de ventiler un peu. Ainsi des discussions sur des sujets divers, autant domestiques que socio-politiques, peuvent être amorcées dans un climat de détente propice à l’échange. C’est devenu très populaire dans les années 2000 grâce à Debbie Stoller et la publication de son livre, Stitch ‘n Bitch: The Knitter’s Handbook. Sur son site, plus de 700 groupes se sont inscrits à travers le monde: www.stitchnbitch.org

Stitch ‘n Bitch in Montréal

À Montréal, il y aussi un Meet Up, auquel j’ai participé une fois, qui se rassemble le plus souvent dans le Mile-End et qui est suivi par plus de 200 membres. Organisé, entre autre, par la très inspirante bloggeuse de Métro Boulot Tricot, ce Meet Up fêtera son premier anniversaire le 18 septembre 2012.

D’ici là bon tricot!

Capitaine Crochet enseignant le tricot à la galerie Fresh Paint, novembre 2011.

C’est à Occupons Montréal que j’ai eu l’idée de Tricot pour la paix.

J’ai fréquenté le camp dès sa deuxième journée, le 16 octobre 2011, et j’ai immédiatement été conquise par l’énergie et la volonté de changements. Ne pouvant dormir sur place, j’ai aidé les militants comme j’ai pu. D’abord, avec la circulation de l’information sur les réseaux sociaux en créant la page Aidons Occupons Montréal à Passer l’Hiver sur Facebook. J’ai assisté également à des AG, participé au comité des habitations hivernales et aidé à trouver des matériaux pour assurer la survie du camp.

À l’époque, j’apprenais à tricoter depuis moins d’un an. Comme j’en tirais des bénéfices immenses – le tricot m’aidant à gérer le stress dû à un travail exigeant –  j’ai voulu en faire profiter les autres. À l’origine, il s’agissait de donner des ateliers aux activistes pour leur apprendre à faire des foulards, des tuques et des mitaines. D’une part, pour les préparer au temps froid qui approchait, mais surtout, ça leur permettraient de relaxer un peu car vivre à la Place du Peuple au quotidien, dans un état précaire, avec beaucoup d’incertitudes et des pressions constantes de la Ville et de la police, s’avérait très stressant. Beaucoup d’hommes ont manifesté leur intérêt et enthousiasme à l’idée d’apprendre à tricoter. Il ne m’en fallait pas plus pour mettre en branle le projet! Pour se faire, j’ai approché Effiloché, une boutique de laine sur la rue St-Hubert à Montréal, ainsi que des tricoteuses militantes, dont Capitaine Crochet qui sera par la suite très impliquée dans la grève étudiante avec la formation du collectif  Maille À Part. C’est aussi au même moment que j’ai été adopté par Les Ville-Laines pour ainsi amorcer avec elles une année haute en couleur, remplie de douces collaborations. Je reparlerai de ces deux collectifs dans d’autres blogs sous peu.

Les ateliers Tricot pour la paix n’ont jamais eu lieu à Occupons Montréal. La police a démantelé le camp bien avant qu’on puisse débuter l’initiative mais l’idée de donner des ateliers de tricot, avec un objectif à la fois social et thérapeutique, a perduré. Durant les mois qui suivirent, j’ai donné des initiations dans des cafés de la Petite-Patrie pour des activistes mais également pour des personnes souffrant de troubles d’anxiété et des mères monoparentales. J’ai aussi organisé des  »Tricothons » pour la cause des sans-abris en collaboration avec l’organisme humanitaire Médecins aux pieds nus, dont un avec les sœurs du Relais Sagesse.

Le mois prochain, cela fera un an qu’Occupons Montréal a quitté la Place du Peuple. Où en sommes-nous? Quel chemin avons-nous parcouru? Qu’en est-il devenu de la flamme révolutionnaire qui nous a animés brièvement mais avec autant de passion? Et qui nous a permis de rêver à un monde meilleur. On pourrait parler de l’apport du mouvement au printemps érable, par exemple. Les militants d’Occupons ont par ailleurs collaboré avec les artistes, le 22 avril, dans le cadre du grand Rassemblement pour le bien commun, soit le Jour de la terre, qui a rassemblé plus de 300,000 personnes dans les rues de Montréal. Dans mon quartier, la Petite-Patrie, Occupons le Cœur de l’Île a été très actif dans la communauté. Ils ont récemment organisé, entre autre, le débat politique entre les six candidats de la circonscription de Gouin durant les élections provinciales de 2012, le comté dans lequel Françoise David de Québec Solidaire a battu le député-vedette du Parti Québécois, Nicolas Girard. Il y a aussi, bien entendu, tous les autres mouvements Occupons, dont celui du Sud-Ouest, qui continuent des actions citoyennes dans leurs arrondissements respectifs.

Pour ce qui est de Tricot pour la paix, je compte organiser un évènement sur une base mensuelle dans la Petite-Patrie, durant la période automne-hiver qui s’amorcent, afin de favoriser les rencontres et les échanges sur le thème de la paix. Je vous en redonne des nouvelles.

En attendant, bon tricot-activisme!

1er Tricot pour la paix au café Oh la la lors d’Occupons Nos Quartiers en décembre 2011.

Tricot pour la paix est né en 2011.

Cette  initiative citoyenne a pour but d’organiser des évènements de tricot pour des causes et favoriser l’engagement social grâce à l’artisanat. Le tricot étant une activité qui apaise, c’est un moyen tout désigné pour propager des valeurs pacifiques et générer des actions qui vont dans le sens de la paix et de la justice sociale.

PAIX

Sur ce blog, je vais parler de ma propre expérience ainsi que de toutes formes d’actions militantes reliées au tricot. Joignez-vous à la conversation!

Merci de propager la paix!

Facebook: TRICOT POUR LA PAIX 
Courriel : TRICOTPOURLAPAIX@GMAIL.COM