Le dernier coup d’éclat d’Olek crée des remous et pose de très bonnes questions sur les valeurs entourant la pratique du tricot-graffiti. En voulant attirer l’attention sur la menace d’extinction des requins en recouvrant une sculpture du musée sous-marin de Cancun, l’artiste aurait par mégarde endommagé la faune aquatique selon un article récent du Huffington Post. Agir sans permission est le propre du graffiti. C’est une façon de laisser sa marque et se réapproprier l’espace public. C’est audacieux et souvent déroutant, voire confrontant. La laine confère tout de même un aspect doux et acceptable à ces actions illégales. D’autant plus que le textile, de par sa nature, connote la protection et non la destruction. La bombe aurait très bien pu réussir à secouer les consciences en matière de protection de l’environnement. Au lieu son détonnement semble s’être noyé dans une conjoncture entourant la légitimité morale et le bien fondé de sa démarche. Une oeuvre ou même un geste artistique appuyant une cause sociale se doit d’être avisée et hautement éthique afin de garantir son succès et préserver l’intégrité du message. Olek qui est loin d’être une amateur aurait pu prévoir le coup. Dans ce cas de figure, la bombe à retardement, et le véritable danger, c’est de vouloir à tout prix repousser les limites, en mettre plein la vue, au prix de m’éprendre ses intérêts pour la cause. Le dernier billet de Leanne Prain, auteure et experte de la culture DYI et craft, intitulé On Yarn Bombing and Ethics, qui m’a inspiré cette brève réflexion, traite de quelques-uns des aspects importants entourant la pratique du tricot-graffiti. Matière à réflexion.
Éthique
Betsy Greer, la mère du craftivism, vient de publier un livre tout à fait remarquable : Craftivism : The Art of Craft and Activism. Revendiquer de manière pacifique, douce et silencieuse grâce à l’artisanat tout en ayant un impact réel sur notre environnement, notre communauté et notre société est l’essence du craftivisme. Greer présente, sous forme d’anthologie, des douzaines d’artisans et de projets militants tout à fait exceptionnels et inspirants sur quatre continents. Cette nouvelle façon de conscientiser, d’ouvrir un dialogue tout en créant des liens est de loin ce qui m’inspire le plus dans ma démarche. Un livre donc à découvrir, lire et consulter : fait sur mesure pour toutes personnes créatives et engagées.


En résidence d’artiste avec Les Ville-Laines aux jardins du précambrien ce mois-ci. Le Symposium International d’art-nature multidisciplinaire de Val-David, sous le theme de Trajectoires – Détours – Résistance est ouvert au public du 5 juillet au 13 octobre 2014. Merci à la Fondation René Derouin.
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Je suis allée faire un tour au Village Éphémère en fin de journée avec Tricot Pirate.



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La créativité, c’est bien connu, a un lien intrinsèque avec l’enfance. Dès le plus jeune âge, l’être humain aborde la vie par le jeu. L’enfance en soi est un processus créatif. Une fois devenu adulte, l’artiste renoue avec cette habilité de jouer, de laisser libre court à son imagination et de créer. L’aspect thérapeutique d’une pratique artistique permet aussi de reconnecter avec l’enfant en soi, à son centre. C’est ce lien intrinsèque qui m’a inspiré la Pluie de toutous. Pour l’occasion, j’ai délaissé mes aiguilles et la laine pour jouer avec d’autres matériaux. Dans l’esprit du collage, tout comme le tricot-graffiti, j’ai suivi mon instinct. L’installation ludique confectionnée à partir d’animaux en peluche de seconde main pourra être aperçu à travers la fenêtre de la terrasse de la Maison de la culture Côte-des-Neiges dans le cadre de l’exposition Le Jardin Suspendu du collectif Les Ville-Laines jusqu’au 28 septembre.
Aujourd’hui, a eu lieu l’accrochage du Jardin Suspendu sous un ciel resplendissant. Un immense tricot-graffiti multicolore, confectionné lors de médiations culturelles, et agrémenté d’oeuvres textiles ludiques des Ville-Laines a élu domicile sur la terrasse de la Maison de la culture Côte-des-Neiges. Le vernissage aura lieu ce jeudi, 19 juin, de 17h à 19h. Venez faire un tour! L’installation évolutive et participative, grâce à des ateliers qui auront lieu cet été, sera en place jusqu’au 28 septembre.
Un après-midi à assembler des bouts tricotés lors d’un projet de médiation culturelle avec Les Ville-Laines et La Maison Bleue. Fondée en 2007, la Maison Bleue a pour mission de briser l’isolement des femmes enceintes vivant dans un contexte de vulnérabilité et leur offrir les ressources nécessaires pour que leur enfant naisse et grandisse dans des conditions favorisant son plein développement. L’immense tricot-graffiti fera partie de l’exposition Le Jardin Suspendu du 19 juin au 28 septembre sur le toit de la Maison de la culture Côte-des-Neiges.
J’ai profité de mon passage à San Francisco pour mettre un peu de laine sur Wool Street dans le quartier de Bernal Heights.















