L’artiste Ute Lennartz-Lembeck que j’admire beaucoup crée depuis plusieurs années des tipis en tricot pour la paix, la tolérance, l’hospitalité, la mobilité et la protection. Ces tentes coniques colorées à portée symbolique qui inspirent l’élévation font partie d’un projet mondial en expansion. Voici une image de sa 23e création confectionnée en collaboration avec un centre familial évangélique qui porte le nom d’arc-en-ciel à Asslar en Allemagne. Pour un aperçu de ses magnifiques oeuvres en cours cliquer ici.

De part sa forme atypique, le tipi possède une mystique symbolique et spirituelle. Il s’agit d’un habitat utilisé par certaines tribus nord-amérindiennes qui appartient traditionnellement à la femme. Le mot vient de l’anglais « tepee » (du dakota « thipi » qui signifie « habitation »).

Grâce au tricot-graffiti, la demeure des premiers occupants du continent américain est célébrée et le domaine de la féminité s’élève au rang d’hommage. Dans l’oeuvre d’Ute Lennartz-Lembeck, la maison traditionnelle devient lieu de recueillement et centre de création. Un gîte pour réchauffer les coeurs où la lumière abonde et la couleur surplombe le visiteur. Une impression de révérence s’en dégage, un sentiment qu’on éprouve très souvent dans une cathédrale, devant un beau tableau ou un vitrail. Chaque pièce unique tricotée par un individu, le plus souvent une femme, une fois assemblée, contribue à créer un ensemble cohérent et harmonieux.

L’expérience de ce toit sensuel et multicolore est une fin en soi. Elle mimique la vie. Celle qui nous entoure et que trop souvent nous ne remarquons pas, trop absorbés par nos pensées ou nos téléphones intelligents. Le tipi tricoté est donc un rappel à la contemplation. Il représente ainsi la vie l’intérieure, lieu sacré et privilégié de la condition humaine.

Ou comme le dit le proverbe roumain: Une tente sans femme est comme un violon sans cordes.